René Girard

Scolies d'après René Girard

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Chère lectrice, cher lecteur,

Mes études philosophiques vont désormais avoir lieu sur ce site:

http://www.rene-girard.com

Written by Pierre-Henri Murcia

mars 7, 2010 at 11:23

Publié dans René Girard

Azazel et le chemin du hasard

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Je voudrais qu’il parle du hasard. Comme une chose sacrée relevant de l’extérieur, de ce sur quoi nous n’avons pas prise. Le tirage au sort. Quand il ne peut pas décider qui est bon ou mauvais, il tire au sort. Il appelle cela l’épreuve. Maintenant, cette technique ne marche plus. Plus de hasard. Si je veux décider, il faut un procès. Un perdant un gagnant. Quand je tape un nom sur google, je veux un résultat. Le résultat ne sera pas le fruit du hasard. Si je le rencontre, c’est parce que j’ai rendez-vous avec lui. Ou elle. Mais… Quelquefois… Par exemple, les coïncidences, ce qu’on ne s’explique pas, tel chose qui arrive à tel moment comme un fait exprès, comme si dans la Matrix de Google, quelque chose avait fait monter une page inattendue? Quel rapport tout cela peut-il entretenir avec le mal quand on sait que le tirage au sort de Google (cet infini), est précisément le produit d’un calcul, le contraire d’un hasard. La faim, l’argent, le sexe, le besoin de sécurité, de confort, d’amour. Tout cela semble pouvoir se calculer dans une atmosphère de concurrence.

Jean Pierre Dupuy

Il parle du hasard à partir de la troisième partie qui s’appelle Loterie à Babylone. Dans le premier chapitre, du hasard dans le problème théologico-politique.

Written by Pierre-Henri Murcia

mars 5, 2010 at 12:34

Avions-nous oublié le mal?

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Avec Bernard Lempert, dans un ouvrage qui s’appelle: Critique de la pensée sacrificielle, et comme le rappelle Jean-Pierre Dupuy, il faut dénoncer deux erreurs communes à ceux qui pensent au meurtre et au sacrifice. Car meurtre et sacrifice ont en commun la victime et la mise à mort.

D’abord une histoire horrible raconté par Bernard Lempert

Printemps 99: Kosovo, c’est le jour de la fête de l’Aïd, des policiers serbes font irruption dans une maison kosovare.  Chez les musulman, l’Aïd commémore le non-sacrifice d’Isaac, quand Dieu demande au père d’Isaac, Abraham, de tuer un mouton à la place de son fils. C’est la substitution. On égorge le mouton en mémoire de cet animal que l’ange, au dernier moment, va mettre à la place du fils d’Abraham.

Les policiers demandent à la famille si elle a déjà tué le mouton: non, ils sont trop pauvres pour avoir un mouton. Alors les policiers s’emparent du fils de la famille, un jeune homme de dix-sept ans, en disant: « il est assez gras pour le sacrifice ». Et ils l’égorgent sous les yeux des parents.

La première erreur consiste à ne pas voir que le sacrifice repose sur un meurtre.

Toute la pensée religieuse concourt à dissimuler cette parenté entre meurtre et sacrifice, y compris le curé quand il ne rappelle pas ce que mange le fidèle en avalant l’hostie, à savoir le type sur la croix après la préparation au four. Sauf que le christianisme est censé, selon Girard, avoir la puissance de révéler cette parenté en exhibant la victime, justement.

La seconde erreur c’est le contraire, c’est faire du sacrifice rien qu’un meurtre

Comme les policiers serbes, l’erreur c’est dire que le sacrifice n’est qu’un meurtre, c’est démystifier brutalement le geste du sacrificateur et ignorer la différence.  Car le sacrifice est la source de la civilisation, comprendre cette proposition c’est comprendre le sens de l’œuvre girardienne: l’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de l’évolution endogène des systèmes sacrificiels, la civilisation faisant des bonds en avant quand on substitue à la victime humaine un tenant-lieu, un symbole, d’abord un animal, puis des végétaux, ensuite des entités symboliques abstraites. C’est donc l’histoire de la symbolisation.

D’après J-P DupuyAvions-nous oublié le mal? 61-63

Après ça on peut réfléchir et on tachera de le faire, sur le concept de Violence Symbolique chez Bourdieu, pourquoi dans l’univers du marché des symboles il y a de la violence, et pourquoi la théorie nous invite à ne plus faire comme  si politique, culture et religion c’était quelque chose de différent. Le cas du Grand Pressigny par exemple.

Louvres Paris

histoire Paris

Rousseau et la passion de l’obstacle

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René Girard observe que le désir mimétique peut-être catastrophique. Je veux ton mec et donc je te le prends et puis j’entre dans une rivalité avec toi qui tourne mal parce que forcément tu t’en prends à moi. Entre toi et moi le conflit s’aggrave et finalement dans cette histoire de rivalité, on ‘oublie le mec, on oublie l’objet (le désir n’a pas d’objet, il est mimétique)  et on ne pense plus qu’à l’obstacle du désir. En désirant ton mec j’ai imité ton désir, c’est ça le désir mimétique. Seulement, en le désirant, ton mec, j’ai fait de toi une force hostile, tu es devenu un obstacle, et tu finis par m’obséder à force de me le faire payer et moi, en retour, de te rendre les coups; et je ne pense plus qu’à toi, quand à la fin, j’ai oublié le mec. La relation soi-disant érotique c’est avec toi que je l’ai. Si tu es du même sexe que moi, alors, c’est de l’homosexualité. Les tentations de te soumettre ou de jouir en me soumettant à toi deviennent grande. Le désir a perdu son objet.

René Girard

René Girard

Jean-Pierre Dupuy, écrit un livre sur le 11 septembre: Avions-nous oublié le mal? La première partie porte le nom d’un livre d’André Glucksmann. Jean-Pierre aime ce titre car ça lui rappelle un auteur essentiel pour l’étude du ressentiment, chez les hommes, le grand écrivain russe: Doïstoievski à Manhattan. A propos de Rousseau, Jean-Pierre, dans le chapitre II intitulé  Le mal comme principe d’explication, sort une citation remarquable de Rousseau Juge de Jean-Jacques, Premier dialogue, rappelant le principe de la transformation de l’appétit en rivalité et comment celle-ci perd de vue son objet.

Les passions primitives, qui toutes tendent directement à notre bonheur, ne nous occupent que des objets qui s’y rapportent et n’ayant que l’amour de soi pour principe sont toutes aimantes et douces par leur essence; mais quand, détournées de leur objet par des obstacles, elles s’occupent plus de l’obstacle pour l’écarter que de l’objet pour l’atteindre, alors elles changent de nature et deviennent irascibles et haineuses. Et voilà comment l’amour de soi qui est un sentiment bon et absolu devient amour-propre; c’est-à-dire un sentiment relatif par lequel on se compare, qui demande des préférences, dont la jouissance est purement négative et qui ne cherche plus à se satisfaire par notre propre bien, mais seulement par le mal d’autrui.

Chez Girard, la disparition de l’objet dans l’aggravation du conflit mimétique entre les rivaux abouti à leur indifférenciation. Ton mec, c’est l’objet, toi, tu es le médiateur, celui qui me montre ton mec, celui sur qui je copie le désir, celui dont j’imite le désir pour m’approprier ton être. Dans Mensonge romantique et Vérité romanesque Girard écrit à propos du rapprochement vertigineux du sujet et de son médiateur.

Apocalypse

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(Vocabulaire de René Girard de Charles Ramon)

Le terme apocalypse signifie à la fois « catastrophe » (dans le langage courant) et « révélation » (par étymologie). Girard l’emploi bien en ces deux sens. Le Christ, selon lui, est venu apporter la « révélation » de l’innocence des victimes émissaires. Il a jeté la lumière sur les mécanismes sacrificiels par lesquelles les sociétés archaïques se protégeaient de leur violence. En « relevant » ces mécanismes, il les a rendus inefficaces (car ils ne sont efficaces que s’ils restent méconnus de ceux même qui les appliquent). Le bon aspect de la « révélation » est la disparition progressive, dans l’histoire, du recours aux boucs émissaires. Le mauvais aspect en est que la violence peut maintenant se déchaîner sans frein: le monde moderne court vers l' »apocalypse » nucléaire.  C’est dire l’ambigüité du rôle du Christ dans l’histoire humaine: est-il venu apporter la « bonne nouvelle » (l’Evangile) ou la mauvaise (l’Apocalypse).

Written by Pierre-Henri Murcia

janvier 3, 2010 at 6:05

Cet insensé est René Girard

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Seul un insensé, ignorant tout des normes de la recherche en sciences humaines, peut aujourd’hui proférer les énormités suivantes. En dépit, ou plutôt du fait même de son bruit et de sa fureur, l’histoire de l’humanité, prise dans sa globalité, a un sens. Ce sens nous est accessible: la science de l’homme est possible, mais ce n’est pas l’homme qui l’a faite. Elle lui a été donnée par une Révélation divine. La vérité de l’homme est religieuse. De toutes les religions, une seule possède le savoir sur le monde humain, et donc sur toutes les religions qui l’ont précédée. C’est le christianisme, en tant qu’il se fonde sur les Évangiles, c’est-à-dire sur les récits de la mise à mort du Christ.

Cet insensé est René Girard.

Jean-Pierre Dupuy, La Marque du Sacré, carnetsnord, 2008.

Written by Pierre-Henri Murcia

décembre 15, 2009 at 10:21

La mort ou le retour des religions

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Lentement, mais irrésistiblement sur la planète entière, l’emprise du religieux se desserre. Parmi les espèces vivantes dont notre monde menace la survie, il faut compter les religions.

Ainsi René Girard commence un ouvrage qui s’appelle Je vois Satan tomber comme l’éclair.

Written by Pierre-Henri Murcia

décembre 3, 2009 at 10:07