René Girard

Scolies d'après René Girard

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Cet insensé est René Girard

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Seul un insensé, ignorant tout des normes de la recherche en sciences humaines, peut aujourd’hui proférer les énormités suivantes. En dépit, ou plutôt du fait même de son bruit et de sa fureur, l’histoire de l’humanité, prise dans sa globalité, a un sens. Ce sens nous est accessible: la science de l’homme est possible, mais ce n’est pas l’homme qui l’a faite. Elle lui a été donnée par une Révélation divine. La vérité de l’homme est religieuse. De toutes les religions, une seule possède le savoir sur le monde humain, et donc sur toutes les religions qui l’ont précédée. C’est le christianisme, en tant qu’il se fonde sur les Évangiles, c’est-à-dire sur les récits de la mise à mort du Christ.

Cet insensé est René Girard.

Jean-Pierre Dupuy, La Marque du Sacré, carnetsnord, 2008.

Written by Pierre-Henri Murcia

décembre 15, 2009 at 10:21

Spécificité du christianisme

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La leçon du christianisme ne peut être vraiment entendue que si elle l’est complètement, à cent pour cent, ce qui implique que les hommes renoncent une fois pour toutes à leur violence. Le Royaume est comme l’œil du cyclone: si on tente de l’atteindre par un chemin continu, en s’efforçant toujours plus d’augmenter l’efficacité des moyens habituels, c’est-à-dire violents, de contenir la violence, on tournoiera de plus en plus vite, tel un fétu de paille, à mesure qu’on croira s’approcher du cœur au repos. Le Royaume, on y saute à pied joints ou on meurt.

Le récit de la mort de Jésus est semblable à ceux qu’on trouve dans beaucoup d’autres religions. C’est la mise à mort de quelqu’un, et cette mise à mort l’apparente à un sacrifice. Ce qu’il a de spécifique, c’est qu’il est raconté du point de vue de la victime. Donc, il casse la machine à faire du sacré, il casse les systèmes sociaux et leurs cultures fondées sur le sacrifice.

Parce qu’une bonne machine à faire du sacré produit un mythe, c’est-à-dire un récit raconté du point de vue des persécuteurs, qui ne s’étonnent pas de voir celui qui a foutu la merde devenir un dieu après avoir été jeté de la falaise  (comme l’île de Pâques, par exemple).

Porteur de ce savoir, le récit chrétien de la passion permet notre monde qui prend en considération les victimes et augmente toujours plus le cercle de son intégration. Notre monde sait qu’il a pour origine le meurtre et la persécution. Du coup, les effets du christianisme sont redoutables. C’est le monde moderne. C’est le Royaume qui nous prive de toute protection contre notre violence – celle que la persécution sacrée nous a toujours permis de canaliser malgré nous. De sorte que nous sommes livrés à nous-mêmes, obligés de sauter à pied joints dans le Royaume ou de mourir, tous. Tel est le sens qu’il faut donner au texte de Jean-Pierre Dupuy, page 155 de son livre La Marque du sacré. Ce texte, fortement inspiré de René Girard, est écrit à propos d’une discussion de l’évolutionnisme cognitiviste, au chapitre III, La religion, nature ou surnature?

Written by Pierre-Henri Murcia

octobre 6, 2009 at 4:31